Les parasites, maladies et remèdes

Par Christian Chauvier du Pristella



Les parasites : ont toujours une provenance extérieure à l’aquarium.
                    Ce désagrément incombe au propriétaire de l’aquarium.
                    En effet, chaque objet ou poisson ajouté à l’aquarium doit être examiné et
                    traité avec soin avant son introduction dans le bac.
                    Les origines sont toutes différentes, parfois inimaginables, entre autres
                    nous soulignons.
 
a) L’eau : suivant son origine, il est préférable de l’analyser et
     éventuellement de la traiter avant de l’utiliser : eau de citerne, eau de
     récupération de jardin, eau de sources, de puits, éventuellement de mares
     d’aspect irréprochable.
     En plus des paramètres physiques, il est utile de vérifier les paramètres
     chimiques.
     En cas de doute, il est parfois conseillé de faire bouillir cette eau.
b)    Les sables et cailloux : laver, rincer soigneusement la macération dans une solution simple : sel, eau de Javel. Si cas douteux, faire bouillir le substrat dans une casserole réservée aux besoins de l’aquarium, et ensuite bien rincer. Eventuellement laisser sécher.
c)    Le décor : il est souvent imprudent d’introduire des matériaux naturels sans les avoir traités. Vérifier s’il n’y a pas de larves ou d’animalcules dans les aspérités du support. Ici aussi on peut les faire bouillir.
d)    Les plantes : qu’elles soient récoltées à l’extérieur ou au magasin ou données par un ami, il est conseillé de les laisser macérer quelques heures dans une solution saline à bonne concentration ou une solution à base d’alun qui détruit les vermines. Bien rincer plusieurs fois dans de l’eau saine et laisser décanter plusieurs heures dans de la nouvelle eau. Cela éliminera sangsues, escargots et toutes autres larves.
e)    La nourriture : ne jamais employer une nourriture sèche trop vielle. La nourriture vivante fournie par le marchand est en principe exempte de parasites. Il est indéniable que dans une récolte personnelle en milieu naturel, on emporte des parasites. En premier lieu, il est indispensable d’avoir une bonne connaissance des indésirables puis, après le tri des matières organiques qui supportent ces proies, on verse la récolte d’animalcules dans un large bac à fond blanc pour y effectuer un tri manuel très méticuleux.
 
Parmi les parasites les plus fréquents et qu’il faut éliminer manuellement, notons les plus courants à savoir : l’argule, le dytique et sa larve, les larves de libellules, l’aselle aquatique, le
scorpion d’eau, la notonecte, l’hydre, les sangsues, la nèpe, la larve de trichoptère, planaires, hydres, etc.
Toutes ces bestioles vivent dans nos cours d’eau, étangs, mares et rus
 
 
                                                           Les maladies
 
 
Tout changement de comportement d’un poisson doit attirer l’attention et donner lieu à une inspection approfondie du bac et de ses occupants ; une nage anormale peut être également un des symptômes principaux qui doit être décelé et mener à la recherche d’une médication adéquate.
Entre autres symptômes, notons des prises d’air régulières à la surface, une respiration rapide, une agitation et une nage saccadée, la somnolence, les nageoires mal déployées et repliées, les frottements fréquents sur une plante, ou une roche ou, la déformation du corps sont souvent signe d’une bactérie à éliminer le plus rapidement possible ; par exemple un gonflement anormal de l’abdomen avec le hérissement des écailles est assez fréquent, c’est l’hydropisie ; un gonflement de l’œil c’est l’exophtalmie, … .
Au regard, l’aspect de la peau peut laisser apparaître certaines taches bizarres, parfois sanguinolentes.
Dans tous les cas, il faut immédiatement isoler le sujet et éliminer rapidement tous les cadavres, soigner le plus vite possible les poissons encore vivants mais ayant un comportement douteux. Si l’aquarium est trop contaminé, il faut impérativement vider celui-ci, le désinfecter entièrement avec les plantes, les décors, le substrat, le matériel, et mettre les autres poissons dans un bac de quarantaine ou hôpital réservé a cet effet.
 
 
Dans le tableau ci-dessous, sont résumées les principales maladies rencontrées, ainsi que leurs traitements préconisés par le docteur C.VAST dans le guide Marabout (1982)
« La santé de l’aquarium »
 
 
Les maladies bactériennes
       (organisme vivant qui fournit le plus de germes pathogènes)
 
Exophtalmie (peut être causée par des bactéries ou des virus)
Œil gonflé saillant à l’intérieur de son orbite
Peut être d’ordre infectieux (virus, bactéries, champignons) ou non infectieux ( tumeur à l’arrière de l’œil, mauvaise qualité de l’eau )
Pas de remède évident.
Après l’isolement, si on pense qu’il s’agit d’un virus et que le sujet est vraiment exceptionnel, on peut essayer un traitement séparé à base d’aminosides
Pourriture des nageoires.
Détérioration de l’aspect des nageoires qui peuvent soit s’effilocher, soit devenir blanchâtres dans un premier temps, puis se ronger au point de disparaître ; perte de la caudale par exemple ; cette forme de nécrose, si elle est négligée, évolue vers la forme aiguë.
La furonculose peut-être aussi causée par un champignon
Maladie contagieuse et tenace, sévissant surtout sur les sujets nouvellement importés.
Cette maladie est causée par l’association de bactéries et de champignons.
Remèdes du commerce : MICONAZOLE (Daktarin)
Commercialisés sous le nom de
BACTRIM ou d’EUSAPRIM.
 

 
Tuberculose des poissons.
Mortalité suspectes après de lents amaigrissements progressifs, anorexie, exophtalmie, lésions cutanées.
Nécrose des organes internes.
 
Pas de remède connu.
Maladie très contagieuse, transmise par l’ingestion de cadavres infectés.
Isoler les poissons suspects et tenter la rifampicine, le seul traitement possible.
DANGER pour les hôtes ! ! ! 
Hémorragie infectieuse.
Taches internes ou plaies sanguinolentes
 
Remèdes du commerce
Antibiotiques (avec précautions)
Métronidazole, triméthoprime
Ulcération transparente des anabantidés
Décoloration blanchâtre d’une certaine surface du corps.
Perte de substances des téguments parfois sanguinolents.
Remède du commerce :
                             Rifampicine
Le shimmy.
Comportement remarquable.
Nageoires collées au corps, queue serrée, dandinement sur place.
Ce comportement n’est pas une maladie.
Il peut s’agir d’un signe avant-coureur d’autres symptômes ou d’un syndrome de non-adaptation au biotope.
L’hydropisie non infectieuse.
Abdomen ballonné, écailles saillantes,
Parfois apparition d’abcès ou de taches sanguinolentes.
Chlorure de sodium (sel marin).
Augmentation de la température à 28°.
Ce mal aussi infectieux se soigne aux sulfamides.
 
 
Les maladies à virus.
(organisme microscopique « quelques manomètres » capable d’échapper à une filtration stérilisante)
 
                  MALADIES
                  TRAITEMENT
Lymphocytose.
Ventre creux.
Corps sanguinolent.
Nodosités blanchâtres en forme de grappes sur le corps
Pas de remède connu.
Isoler le poisson.
Tenter les sulfamides ou la minocycline
(antibactérien puissant : 1 gélule de 100mg/100 L d’eau
 
 
Les maladies dues à des flagelles ( organismes unicellulaires )
 
Hexamitose.
Mouvements natatoires saccadés
Amaigrissement.
Flagyl ( metromidazole ) : 1g/100 L d’eau
( disparaît au bout de 4 à 5 jours )
Renouveler le traitement si nécessaire.
Costiose.
Voile grisâtre sur la peau
Hémorragies cutanées.
Augmentation de la température (28 à 30°)
Chlorure de sodium.
Vert de malachite.
Maladie du velours ( Oodiniose )
Voile velouté sur le corps.
Recherche d’obstacles pour s’y frotter.
Opercules écartés.
Taches brun rouille sur les nageoires
Sulfate de cuivre
( à utiliser avec beaucoup de précision )
Flagyl
 

 
Les maladies de la nutrition.
 
-        Les carences en vitamines
 
-        L’obésité
 
-        Les Diarrhées
 
-        La constipation
 
 
-        Apport de nourriture plus variée et équilibrée
-        Espacer les repas et varier le menu
 
-        Aliments non adaptés aux besoins des espèces concernées
-        Suite à un désordre alimentaire. Préférer une nourriture équilibrée (daphnies)
 
 
Les remèdes.
 
Avant d’utiliser tous les produits onéreux préconisés en magasins, il est toujours conseillé d’avoir sous la main une petite pharmacie de « grand-mère » comprenant principalement des antiseptiques comme certains produits suivants :
 
LE PERMANGANATE DE POTASSIUM (A).
J’obtiens de très bons résultats dans la majeure partie des maladies cutanées. Convient à tous les poissons, comme désinfectant, en bain peu concentré.
Est surtout utilisé en attouchements sur la plaie ; valable en cas de Gyrodactyles.
 
LE SEL (cuisine ou marin) OU CHLORURE DE SODIUM (A)
A raison de 10 g/Litre, il est utilisé en solution contre beaucoup de parasites externes. Je l’emploie également à titre préventif lors de l’achat de nouvelles plantes.
J’obtiens également de bons résultats dans le traitement de l’hydropisie des bettas.
 
LE MERCUROCHROME AQUEUX (A).
Lors d’abcès extérieurs, de plaies, j’utilise un petit bâtonnet recouvert d’ouate imbibée et je frotte doucement ou tamponne pour nettoyer et désinfecter les plaies locales. On peut également utiliser l’isobétadine liquide dans les mêmes conditions.
 
LE CHLORHYDRATE DE QUININE.
Soigne pas mal de maladies mais il possède un inconvénient majeur, il rend stériles les sujets traités.
 
LE BLEU DE METHYLENE.
Utilisé à 1% à raison de 3ml/10 L d’eau pendant 3 à 5 jours, il est un désinfectant à large spectre contre certaines maladies parasitaires, comme le point blanc et la mousse.
A titre préventif, il est indispensable dans un bac de reproduction d’ovipares. Dés la ponte, il protège les œufs qui peuvent être entièrement contaminés en quelques heures par une moisissure blanchâtre.

 
 
LE VERT DE MALACHITE (sans zinc)
Produit peu toxique, on l’emploie en solution, préparée par le pharmacien à raison de 1 mg/10L d’eau à traiter. On l’utilise, en outre, contre la mousse des yeux et la pourriture des nageoires.
On peut obtenir un très bon désinfectant avec une solution de 0,1 mg de vert de malachite et 20 ml/L de formol en bain de maximum 6 heures.
Il faut surveiller la réaction du sujet traité.
Excellent fongicide (contre les champignons).
Une solution aqueuse à 5% à raison de 2 gouttes par 10 L d’eau.
Peut être toxique après 24 heures.
 
BICARBONATE OU CARBONATE DE SOUDE.
A utiliser en petite quantité afin d’augmenter progressivement le pH de l’eau de l’aquarium. A l’inverse, un filtrage sur tourbe ou un dépôt de feuilles de chêne commun, peut acidifier l’eau.
 
 
LA TEMPERATURE.
Une augmentation de la température jusque 30° convient très bien pour éliminer l’Ichtyophthirius ; on peut également y ajouter une solution légère de bleu de méthylène (traitement pendant 9 jours ce qui correspond au cycle complet de reproduction du point blanc).
 
Pour le petit chimiste, on peut se renseigner sur les produits suivants :
·        Antibiotiques à larges spectres : Chloramphénicol (20 à 50 mg/L)
·       Oxytetracycline : 20 mg/L
·       Amoxicilline ? ? : 10mg/L
·       Sulfamides, sulfanilamidés : 20mg/L
·       Association sulfamides – triméthoprime : un comprimé « adulte » par 100 L
·       Metronidazol : FLAGYL : 5mg/L
 
Pour les infections bactériennes superficielles
         
          MEFAROL : eau douce 1 mg/L
                              eau dure    5 mg/L en bains d’une heure en moyenne
 
Les proportions proposées au-dessus doivent être diluées suivant les besoins, on peut également trouver en magasins spécialisés des produits adéquats.
Le produit connu en aquariophilie sous le nom de Flagyl n’est, par exemple, rien d’autre que le métronidazole vendu en pharmacie et à utiliser à raison de 4 comprimés dosés à 250 mg pur 100 L d’eau. On ne constate aucune toxicité.
On peut également se procurer, si on hésite à utiliser sa préparation, des produits tels que TEMEROL de chez Aquafarma, BAKTOPUR chez Sera, ou l’EKTOZON de chez Brustmann.
 
En conclusion, Toujours mettre en quarantaine les nouvelles acquisitions, même si on estime le poisson sain, en effet certaines maladies peuvent toujours être en incubation et seulement se manifester plusieurs jours plus tard.
 
 
 
 
 
Pour plus d’informations : « Les maladies et les algues » C. MAGI (vétérinaire)
                                                                                                  J. LAMBINON.
 
                                       « La santé de l’Aquarium » H. FAVRE – M. TASSION
                                                                                         C. VAST (vétérinaire)
 
                                       « a.b.c. de l’aquarium d’eau douce » I. BIANCHI et
                                                           M. MARIANI éditions DE VECCHI.
 
 
 
Remarques générales.
 
Lorsque l’on effectue un traitement, il ne faut pas oublier que :
 
-        Pour assurer une meilleure diffusion du remède et aider le poisson à le supporter, il convient de renforcer la répartition de l’oxygène par un renforcement de l’alimentation du diffuseur.
-        Par contre, il est indispensable de stopper la filtration pendant toute la durée du traitement
-        La cure terminée, il est recommandé de siphonner de 20 à 50% de l’eau et de la remplacer par de la neuve.
-        Avant de rebrancher tout le matériel, ne pas oublier de nettoyer et de changer les matériaux actionnant la filtration.
-        Eviter le plus possible de traiter l’ensemble de l’aquarium ( sauf en cas extrêmes) Utiliser au maximum un petit bac « hôpital ».
 
 
 
P.S. ( mot du Président )
 
Le Pristella et l’auteur de cet article déclinent toute responsabilité pour les « accidents » qui pourraient survenir lors de la manipulation des produits chimiques mentionnés ci-dessus, ainsi que pour les doses ou erreurs de concentrations des substances manipulées qui pourraient porter préjudice à la faune et à la flore de l’aquarium. Il ne faut pas oublier, non plus, que les poissons manifestant les symptômes d’une maladie sont déjà fortement atteints et affaiblis au moment où notre œil permet, seulement, de poser un diagnostic.
 


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